Recherche de la justice
AAQ.CA Autochtones Indiens
Procès Parasiris

Le Journal de Montréal, mercredi 11 juin 2008

Procès - Parasiris

«Abusive» et illégale

La perquisition faite au domicile de Parasiris s'est avérée un fiasco policier sur toute la ligne

L'opération menée par des policiers de Laval chez Basil Parasiris et qui s'est soldée par la mort du policier Daniel Tessier s'est avérée un fiasco policier sur toute la ligne : la perquisition était «triplement» illégale, a tranché le juge.

VINCENT LAROUCHE
Le Journal de Montréal


La perquisition «triplement» illégale, selon le juge, s'est déroulée dans cette résidence de la rue Rimouski, à Brossard.
© Le Journal de Montréal, Pascal Ratthé

C'est ce qui ressort d'une décision rendue par le juge Guy Cournoyer, le 16 mai dernier, mais soumise à un interdit de publication qui a pris fin hier.

Les jurés qui doivent déterminer si Basil Parasiris est coupable du meurtre de Daniel Tessier n'en ont toutefois jamais été informés, car ces faits ont été jugés non pertinents à la cause.

Le caractère illégal de la perquisition a toutefois eu un impact majeur sur le procès, puisqu'il a empêché la poursuite de révéler au jury que les policiers étaient chez l'accusé dans le cadre d'une opération antidrogue visant Parasiris et des complices.

Injustifié

Dans ce jugement qui soulève des questions sur les pratiques de la police de Laval, le magistrat identifie clairement trois erreurs commises par les policiers.

D'abord, le juge Cournoyer souligne que l'enquête de la section Moralité-Drogues n'a pas démontré la «probabilité raisonnable» que Parasiris était mêlé au trafic de drogue.

Les informations reçues par les policiers de «sources fiables» non identifiées et qui pointaient vers Parasiris n'étaient pas concluantes, selon le juge.

Quelques rencontres ont bien été observées entre Parasiris et des revendeurs de drogue lors de filatures, mais rien n'écarte qu'il ait pu s'agir de «coïncidences fortuites» et rien ne démontre que l'accusé était impliqué dans leur commerce.

Le mandat de perquisition émis par le juge de paix Gaby Dumas sur la foi d'une dénonciation de l'agent François Leblanc «n'aurait pas dû être émis», écrit le juge Cournoyer.

En pleine nuit

De plus, même si le mandat avait été émis sur la foi d'informations suffisantes, il ne permettait pas aux policiers d'agir en pleine nuit, observe le magistrat.

Au Canada, les policiers sont autorisés à perquisitionner de nuit dans certains cas, mais leur mandat doit le préciser. Dans le cas présent, l'espace relatif à l'heure de perquisition n'avait même pas été rempli sur le document.

 
Daniel Tessier (à gauche), l’agent qui a perdu la vie, et François Leblanc, le policier dont la dénonciation a mené au mandat de perquisition.

Enfonçant un dernier clou dans le cercueil de l'opération, le juge ajoute que rien ne justifiait que la police procède par une entrée dynamique, c'est-à-dire en utilisant la force pour défoncer la porte de la résidence.

Rien ne pressait, puisque les policiers ont avoué qu'ils ne s'attendaient pas à trouver de la drogue sur place. Ils auraient donc pu sonner et exhiber leur mandat à l'occupant des lieux avant de procéder.

«Pour tous ces motifs, la perquisition exécutée au domicile de M. Parasiris le 2 mars 2007 était abusive et contraire à l'article 8 de la Charte», conclut le juge.

Enfin, le jugement souligne aussi que l'agent Tessier n'avait pas vérifié si une arme était enregistrée au nom de Basil Parasiris, ce qui lui aurait permis de voir qu'il possédait un Magnum.357 enregistré à une vieille adresse.


Basil Parasiris était souriant à sa sortie de la salle d’audience, hier, lui dont le seul chef qui pèse encore contre lui est l’accusation de meurtre au premier degré de Daniel Tessier.

CE QU'ON CACHE AUX JURÉS

Q Pourquoi certaines procédures se déroulent hors jury ?

R Durant un procès, le juge est le maître du droit et les jurés, les maîtres des faits. Normalement, on débat hors jury de points de droit qui ne regardent pas les jurés ou qui pourraient les contaminer en alimentant leur sympathie ou antipathie envers l'une des deux parties.

Q Pourquoi certaines informations importantes sont cachées au jury ?

R Même si le jury était avisé de ne pas en tenir compte, cela pourrait influencer leur jugement, par exemple une preuve ou des aveux obtenus illégalement.

Q Pourquoi la décision du juge Cournoyer a été rendue hors jury ?

R Les jurés ne doivent pas acquitter ou condamner l'accusé en fonction de la légalité ou non du mandat de perquisition. Ils se penchent sur une accusation de meurtre.

Q Pourquoi les médias peuvent diffuser la décision une fois que le jury a été séquestré ?

R Ils n'en auront pas connaissance et n'en seront pas indûment influencés. Cela n'aura aucun impact sur le sort de l'accusé qui aura subi un procès juste et équitable.

LES PROPOS DU JUGE

«Le mandat de perquisition visant la résidence de M. Parasiris n'aurait pas dû être émis.»

«[...] À la lecture de la dénonciation, il est impossible de s'assurer si l'informateur s'appuie sur quelque chose de plus que de simples rumeurs ou racontars [...].»

«Quant à l'information selon laquelle M. Parasiris serait relié dans le trafic de cocaïne et qu'il y aurait vente de cocaïne et marijuana au Golf O Max., elle est insuffisante [...].»

«[...] Le mandat émis le 1er mars n'autorisait pas une perquisition de nuit. De plus, on ne peut que constater, [...] que la dénonciation ne comporte aucun fait qui peut justifier une perquisition de nuit.»

«[...] l'utilisation de la force n'était pas justifiée pas les circonstances en ce que le dossier ne révèle pas de fait qui établisse qu'une annonce régulière entraînerait la perte ou la destruction imminente d'éléments de preuve.»

«[...] les motifs raisonnables justifiant l'entrée dynamique n'étaient pas établis objectivement.»

«[...] critère d'évaluation de la suffisance d'une dénonciation:»

«[...] Premièrement, les renseignements permettant de prévoir la perpétration d'une infraction criminelle étaient-ils convaincants ? Deuxièmement, puisque ces renseignements reposaient sur un tuyau provenant d'une source extérieure à la police, cette source était-elle fiable ? Enfin, l'enquête de la police confirmait-elle ces renseignements avant que les policiers décident de procéder à la fouille ?»

Télécharger cet article au format PDF


Le Journal de Montréal, mercredi 11 juin 2008

Procès - Parasiris

Son sort est entre les mains du jury

MÉLANIE BRISSON
Le Journal de Montréal

Le sort de Basil Parasiris est maintenant entre les mains du jury, qui devra décider s'il est coupable ou non du meurtre du policier Daniel Tessier. Mais l'accusé a déjà un poids de moins sur les épaules ; il a été acquitté hier de la tentative de meurtre sur l'agent Stéphane Forbes.

Le juge Guy Cournoyer, qui livrait hier ses directives aux 12 jurés avant qu'ils ne soient séquestrés, leur a en effet annoncé qu'ils n'auront pas à se prononcer sur les trois chefs d'accusation de tentative de meurtre et d'avoir déchargé son ar me sur l'agent Forbes, puisque le magistrat a rendu un verdict dirigé d'acquittement.

La raison de l'acquittement : rien dans la preuve n'indique que l'accusé avait l'intention d'atteindre Stéphane Forbes, ni même qu'il était conscient de sa présence. Le policier a été atteint par une balle perdue.

Donc le seul chef qui pèse encore contre Basil Parasiris est l'accusation de meurtre au premier degré de Daniel Tessier. Et c'est les jurés qui décideront s'il est coupable ou non de ce crime.

Quatre verdicts possibles

Le juge a suggéré au jury quatre verdicts possibles ; homicide involontaire coupable, meurtre au deuxième degré, meurtre au premier degré ou l'acquittement total, si les jurés croient que l'accusé n'est pas coupable parce qu'il a agi en légitime défense.

Le magistrat leur a aussi expliqué de long en large les notions de doute raisonnable, l'évaluation et la définition de la preuve et la légitime défense, entre autres.

Les jurés, séquestrés peu après 15h30, délibéreront jusqu'à ce qu'ils en arrivent à une décision unanime. Ils échangent dans une salle réservée uniquement aux jurés et ont accès à toutes les pièces à conviction.

«[Vous devez prendre votre décision] sans préjugés, craintes et sympathie. Vous ne devez pas tenir compte de l'opinion publique», les a avertis le juge, en plus de les enjoindre à ignorer tous les reportages médiatiques dont ils ont pris connaissance.

Télécharger cet article au format PDF


Le Journal de Montréal, mercredi 11 juin 2008

Chez «Bill» Parasiris

Des saisies incriminantes

Cocaïne, liste de clients, cellulaires et téléavertisseurs

Soupçonné d'être mêlé à des trafiquants de crack et de cocaïne opérant à Laval, Basil Parasiris a été pris avec une petite quantité de coke, une liste de clients, quatre armes à feu et 17 téléphones cellulaires et téléavertisseurs, chez lui, le jour du drame.

VINCENT LAROUCHE
Le Journal de Montréal


Quatre armes à feu ont été saisies chez Basil Parasiris le 2 mars 2007.

Ces saisies confirmaient les soupçons à son endroit, mais n'ont mené à aucune accusation, vu l'illégalité de la perquisition. Mis à part les armes à feu, rien n'a été divulgué aux jurés.

Les cinq autres membres du réseau arrêtés le 2 mars 2007 pour trafic de drogue étaient tous des Lavallois âgés dans la vingtaine. Ils ont plaidé coupable et écopé de peines légères, même si tous avaient des antécédents.

À l'époque, c'est l'agent François Leblanc, de la section Moralité-Drogues de la police lavalloise, qui enquêtait sur ces jeunes revendeurs.

Au Golf-o-Max

Il découvre alors que les deux principales têtes d'affiches du groupe, Nikolaos Xanthis et Emmanuel «Mani» Mavroudis, ont des contacts avec un homme de Brossard qui sera identifié comme Basil Parasiris.

Or, une source codée dit justement aux agents que le fournisseur du groupe serait l'oncle de Mavroudis, un homme de 45-50 ans habitant la Rive-Sud.

Peu après, la police apprend d'un informateur qu'un dénommé Bill, d'origine grecque et propriétaire du Golf-o-Max, à Dorval, serait mêlé au trafic de cocaïne.

Il y aurait trafic de marijuana et de cocaïne au Golf-o-Max, selon la source.

La police lavalloise comprend vite que «Bill» n'est nul autre que Basil Parasiris.

«Tout porte à croire que Bill Parasiris est Basil Parasiris et que Bill est un diminutif de Basil, comme il est coutume dans la culture grecque», lit-on dans leur dénonciation.

Cache de drogue

À cette époque, Xanthis, Mavroudis et Parasiris se rendent plusieurs fois au 3470 A rue Broadway, à Brossard, un endroit soupçonné d'être une cache de drogue.

Il n'en faut pas plus pour que la police de Laval décide de frapper à Brossard en même temps qu'elle arrête les revendeurs lavallois.

Télécharger cet article au format PDF


Radio-Canada, vendredi 13 juin 2008

Acquitté


Basil Parasiris a quitté le palais de justice de Longueuil au bras de sa conjointe.

Le jury acquitte Basil Parasiris de l'accusation de meurtre prémédité qui pesait sur lui après la mort du policier lavallois Daniel Tessier, qui était originaire de Sherbrooke. Le jury a rendu son verdict, lundi, à sa troisième journée de délibération au palais de justice de Longueuil.

La thèse de la défense a soulevé un doute raisonnable dans l'esprit des jurés, qui ont ainsi dû prononcer un verdict d'acquittement. Les avocats de M. Parasiris avaient fait valoir que leur client avait agi en légitime défense en tirant sur les policiers. Ces derniers venaient exécuter un mandat de perquisition à son domicile de Brossard, vers 5 h du matin, le 2 mars 2007.

Les jurés étaient séquestrés depuis mardi dernier et ils n'avaient laissé aucun indice sur l'allure de leurs réflexions au cours des derniers jours. Ils s'étaient manifestés une seule fois, mercredi, afin de demander au juge de réécouter ses directives et les témoignages de l'accusé et de son épouse.

Debout dans le box des accusés, M. Parasiris a souri légèrement en entendant le verdict pendant que sa femme n'a pu contenir un cri de joie. M. Parasiris a quitté le palais de justice en homme libre au bras de sa conjointe. Il n'a fait aucun commentaire et son avocat a simplement déclaré que son client était soulagé du verdict prononcé par le jury. Il a également indiqué que le procès avait été éprouvant pour la famille de M. Parasiris.

La Couronne dispose de 30 jours pour décider si elle portera ce verdict en appel. Un comité de procureurs se réunira pour étudier la question.

La défense


La perquisition est survenue le 2 mars 2007 à Brossard.

L'avocat de la défense Jacques Larochelle avait allégué, lors des plaidoiries, que son client croyait être victime d'une invasion de domicile. Il avait prévenu les jurés qu'ils ne devaient pas s'attarder au fait que M. Parasiris avait quatre armes à feu chargées en sa possession, mais sur le fait qu'il a agi en légitime défense.

Me Larochelle s'était également employé à discréditer le travail des policiers lors de cette opération. Il soutenait que si son client avait commis une erreur en prenant son arme à feu, les policiers en avaient commis plusieurs sous l'effet du stress et de la tension.

L'avocat de la défense avait également souligné que les policiers étaient entrés chez lui en pleine nuit alors qu'une vague d'invasions de domicile venait d'avoir lieu sur la Rive-Sud et que son client en avait été victime six mois plus tôt.

La thèse de la Couronne


Le policier Daniel Tessier

De son côté, la Couronne avait livré une brève plaidoirie en insistant sur la multitude des choix qui s'offraient à M. Parasiris le 2 mars 2007. Le ministère public avait indiqué qu'il aurait pu regarder à l'extérieur pour vérifier la présence de véhicules de police ou appeler le 9-1-1. La Couronne estime que s'il avait fait l'un de ces choix, le policier Daniel Tessier serait encore vivant. M. Parasiris a plutôt choisi d'ouvrir le feu, avec le résultat que l'on connaît.

L'agent Daniel Tessier a été abattu lors d'une perquisition menée conjointement par la police de Laval et de Longueuil au domicile de M. Parasiris, situé à Brossard, le 2 mars 2007.

 

Télécharger cet article au format PDF


Le Journal de Montréal, samedi 14 juin 2008

Un homme libre

Basil Parasiris accueille le verdict d'acquittement avec un léger sourire

LONGUEUIL | Après trois jours de délibérations, le jury a acquitté Basil Parasiris de l'accusation de meurtre au premier degré qui pesait contre lui après la mort du policier Daniel Tessier.

PIERRE RICHARD
Le Journal de Montréal


PHOTO LE JOURNAL – MARTIN BOUFFARD
Le clan Parasiris a quitté le palais de justice de Longueil sans dire un mot.

Quand, à 16h12, le juré numéro trois s'est levé pour dire qu'il parlait au nom des six femmes et hommes du jury, on aurait pu entendre voler une mouche dans la salle d'audience. À la question: «Quelle est votre verdict sur le chef numéro un?», l'accusation de meurtre au premier degré, l'homme a simplement répondu «non coupable» avant de se rasseoir lentement.

Dans la salle, c'était le brouhaha. Les proches de Basil Parasiris ne se privaient pas pour manifester leur joie. Exclamations, pleurs et soupirs sonores de soulagement se sont instantanément fait entendre. Les nombreux journalistes, eux, se levaient rapidement pour aller prendre place à l'extérieur de la salle.

Parasiris silencieux

Dans le box des accusés, Parasiris, silencieux, après une seconde d'incrédulité, a esquissé un léger sourire et s'est tourné vers sa femme, Penny Goulis, qui serrait les poings sur ses lèvres pour contenir un cri de joie.

Parasiris s'est retrouvé devant le tribunal après avoir ouvert le feu sur des policiers qui ont fait irruption dans sa maison de Brossard, vers cinq heures du matin, le 2 mars 2007. Les policiers exécutaient alors un mandat de perquisition que le juge Guy Cournoyer, qui présidait le procès de Parasiris, a invalidé, ce que le jury ignorait totalement. Après l'annonce de l'acquittement, doucement, le calme est revenu et le juge Guy Cournoyer a remercié les jurés avant de remercier les avocats pour leur travail et de quitter les lieux.

PORTRAITS
Daniel Tessier, 42 ans
  • Marié à l'agente Dominique Lapointe de la police de Repentigny.
  • Père de deux adolescentes, Marie-Andrée et Véronique, âgées de 13 et 12 ans.
  • Il venait d'être affecté à la section moralité et stupéfiants de la police de Laval.

Basil Parasiris, 42 ans

  • D'origine grecque. Marié à Penny Gounis et papa d'un garçon de 15 ans et d'une fille de 7 ans, au moment des événements.
  • Il a déjà été propriétaire d'un bar et d'une boutique de golf.
  • Il serait sans emploi depuis les incidents.

Accolades

Sitôt le magistrat parti, Parasiris a laissé le box des accusés pour s'approcher de sa famille, qui l'a longuement embrassé. Les accolades terminées, Parasiris s'est rendu embrasser son avocat, Me Dominique Shoofey, pendant que tout le monde dans la salle (policiers, avocats et parents de Parasiris) sortait les téléphones cellulaires et multipliait les appels pour annoncer la décision du jury. Cette scène d'une dizaine de personnes accrochées au téléphone, avec des mines réjouies ou déconfites (selon le cas), avait quelque chose d'irréel.

Puis, l'avocate de la poursuite, Me Joëlle Saint- Germain, encadrée de policiers, a quitté la salle pour affronter la meute de journalistes qui l'attendait. Son message était court: «Visiblement, disait-elle, le jury a accepté la thèse de la légitime défense offerte par la défense. Il est trop tôt pour annoncer une décision, mais un comité de procureurs se réunira pour étudier la pertinence d'un appel.»

Le clan Parasiris sortait enfin de la salle. Sans dire un mot, malgré toutes les caméras et les micros tendus vers eux, ils se sont rendus à leur voiture et ont quitté les lieux.

Après leur départ, l'avocat Dominique Shoofey s'est adressé aux journalistes pour dire que son client était soulagé et qu'il n'y aurait aucun autre commentaire. Mais, évidemment, il avait prévenu l'artisan de cette victoire, l'avocat Jacques Larochelle.

Quant à la veuve de Daniel Tessier, elle était absente. En fait, elle ne s'est pas présentée au palais de justice de Longueuil depuis mardi, après que le juge Cournoyer eut acquitté Parasiris de trois chefs d'accusation.

Télécharger cet article au format PDF


Le Journal de Montréal, samedi 14 juin 2008

La famille Tessier ébranlée

JEAN-MICHEL NAHAS ET MÉLISSA GUILLEMETTE
Le Journal de Montréal


DOMINIQUE LAPOINTE
Douleur

Le père de Daniel Tessier était atterré lorsque joint hier après-midi par le Journal.

Rolland Tessier s'est d'abord dit incapable de commenter le jugement qui acquitte celui qui a tiré mortellement sur son fils. Puis, il a brièvement mentionné la douleur que lui et son épouse enduraient depuis le drame.

«J'ai eu beaucoup de peine avec cette histoire», a-t-il soufflé lentement.

Le papa, qui habite Bonsecours en Estrie, a dit souhaiter que la justice suive son cours jusqu'au bout dans cette triste affaire.

«Je veux qu'on s'occupe de cette cause et qu'il puisse y avoir un appel», a-t-il dit d'une voix brisée, avant de mettre fin à la conversation.

Dans l'ombre

Quant à la conjointe du sergent Tessier, Dominique Lapointe, la police de Laval a indiqué hier qu'elle souhaitait vivre cette nouvelle étape en toute intimité avec ses filles, Marie-Andrée et Véronique.

Dominique Lapointe n'était pas présente au palais de justice de Longueuil. La policière de Repentigny a probablement choisi de vivre ce moment avec ses deux filles également laissées dans le deuil.

Elle a éclaté en sanglots lorsqu'elle a assisté à la première journée d'audiences le 21 mai dernier.

Télécharger cet article au format PDF


Le Journal de Montréal, samedi 14 juin 2008

«Parasiris, le responsable»

Le chef de la police de Laval est en colère contre le verdict


JEAN-PIERRE GARIÉPY
Déçu

LAVAL | «S'il y a une seule personne sur laquelle repose la faute de la mort de Daniel Tessier, c'est Basil Parasiris.»

CHARLES POULIN
Le Journal de Montréal

Le ton est dur et il provient du directeur de la police de Laval, Jean- Pierre Gariépy. La déclaration-choc est survenue à peine deux heures après le verdict d'acquittement rendu à l'égard de Basil Parasiris.

«S'il y a une personne à blâmer, c'est Parasiris. Il devrait se regarder dans le miroir », a sèchement tranché le chef Gariépy, hier soir, lors d'un point de presse au quartier général de la police de Laval où tous les policiers avaient le visage long.

Le directeur de la police de Laval s'est dit ébranlé par le verdict d'acquittement rendu hier par les 12 membres du jury.

«C'est choquant, terriblement choquant, a-t-il soupiré. Je suis déçu.»

Quant à savoir s'il souhaite que l'affaire aille en appel, il a indiqué s'en remettre totalement à la procureure de la Couronne dans le dossier, Joëlle Saint-Germain.

La famille et les policiers abattus

La journée d'hier a été pénible pour les policiers de Laval.

Au dire de policiers questionnés sur le sujet, l'ambiance était sombre après l'annonce du verdict d'acquittement.

Mais ce n'était rien comparé à ce qui s'est produit au domicile de la famille Tessier-Lapointe.

«Dominique Lapointe a ressenti la même tristesse que nous, mais ça l'a touchée beaucoup plus car c'est son mari qui est mort, a indiqué Jean- Pierre Gariépy. Elle a confié que ça l'a ramenée à il y a un an, lorsque le drame est survenu.»

La famille de Daniel Tessier a d'ailleurs demandé à vivre cet autre deuil en privé.

Le directeur Gariépy est par ailleurs revenu sur les événements du 2 mars 2007 chez Basil Parasiris.

Révision des procédures

Il a expliqué qu'une révision des procédures d'entrée dynamique a débuté le lendemain de la mort de M. Tessier, et que des recommandations quant à l'amélioration des procédures seraient soumises au ministère de la Sécurité publique.

Questionné sur l'absence du groupe d'intervention tactique (GTI) à la résidence de Basil Parasiris le matin fatidique, M. Gariépy a affirmé que cinq autres perquisitions se déroulaient simultanément.

«Notre évaluation était que (le domicile de Basil Parasiris) était à faible risque», a-t-il conclu.

«Ce qu'ils ont dit...»

«Ça sent à plein nez les bavures policières. On n'a pas une mauvaise police dans la province, mais à l'avenir il faudra qu'elle applique correctement les mandats en tout temps.»
- Rénald Beaudry, président de l'Association des avocats de la défense du Québec
«On n'était pas dans une situation où il était souhaitable de faire une entrée dynamique. Une arme était enregistrée. Il faut qu'il y ait une réflexion et que les policiers évitent d'aller trop vite.»
- Me Gilles Trudeau, président de l'Association des avocats de la défense de Montréal
«C'est la même chose que lors du procès de celui qui a assassiné ma fille en 2002. la Charte des droits et libertés désavantage les victimes et la justice. Je sympathise avec les policiers, qui font un travail complexe.»
- Pierre-Hugues Boisvenu, fondateur de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues
«Je pensais qu'on était rendus plus loin dans le débat de l'usage des armes à feu. Peut-on tirer sans réfléchir ou vérifier juste parce que quelqu'un est entré chez nous? On s'éloigne du gros bon sens.»
- Marc Demers, ex-enquêteur à Laval et ami de Daniel Tessier
«On aurait voulu un verdict différent. S'il n'y a pas de responsable pour la mort de Daniel, c'est évident que ça ne nous aide pas à vivre notre deuil»
- Denis Côté, président de la Fédération des policiers municipaux du Québec
«N'importe quel citoyen qui a un minimum d'intelligence ne tire pas sur un policier s'il sait que c'en est un, pense-t-il. Le gros bon sens a pu semer un doute chez les jurés : Parasiris a peut-être agi pour sa légitime défense.»
- Me Robert La Haye, criminaliste
«Il faut maintenant que le ministère de la Sécurité publique et le Service de police de Laval prennent du recul avec beaucoup d'humilité et trouvent comment il faut s'y prendre pour que plus jamais ça n'arrive.»
- Robert Poëti, retraité de la Sûreté du Québec
«le monde policier est abasourdi. Pour avoir côtoyé des syndicats d'agents de partout au Canada, cet acquittement est une première.»
- Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal
«Il faut se questionner sur le nombre important d'armes qui se trouvaient dans cette résidence.»
- Yves Prud'Homme, ex-président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal
«Nos membres sont éprouvés et on va continuer à les soutenir. Mais on aurait préféré un autre verdict.»
- André Potvin, président de la Fraternité des policiers de Laval

Télécharger cet article au format PDF


La Presse, samedi 14 juin 2008

Parasiris est acquitté

Christiane Desjardins et Violaine Ballivy
La Presse


L'acquittement de Basil Parasiris, qui a tué un policier en service, constitue une défaite pour la police de Laval.
Photo David Boily, La Presse

Basil Parasiris est sorti en homme libre du palais de justice de Longueuil, hier après-midi, après que le jury l'eut acquitté du meurtre de l'agent Daniel Tessier, au terme de deux jours et demi de délibérations. Les six hommes et six femmes ont cru sa version de légitime défense. Parasiris soutenait qu'il croyait avoir affaire à des malfaiteurs et non à des policiers.

Il était 16h20, en ce vendredi 13, quand le juré no trois, un employé de Radio-Canada, s'est fait le porte-parole de ses collègues pour prononcer ces mots lourds de sens: «Non coupable.»

Sans doute sous le choc, Parasiris, qui se trouvait debout dans le box des accusés, a eu peu de réaction, tandis que sa femme, Penny Gounis, sa soeur Chrisa et son frère Nick, qui se rongeaient les sangs dans la première rangée, ont laissé échapper des cris et des pleurs de soulagement.

Une fois que la séance a été levée, ils se sont tous étreints pour ensuite quitter le palais de justice d'un pas rapide, sans faire de commentaire aux nombreux journalistes qui les talonnaient.

Le maître d'oeuvre de cet acquittement, Me Jacques Larochelle, n'était pas présent, hier. Me Dominique Shoofey, qui l'a assisté, a simplement dit que M. Parasiris était satisfait du verdict et que cela avait été une épreuve pour plusieurs personnes. De son côté, Me Joëlle Saint-Germain, qui représentait la Couronne, a mentionné qu'une équipe de procureurs allait évaluer les possibilités d'interjeter appel. La veuve de l'agent Tessier, qui a assisté à tout le procès, n'était pas présente pour le verdict et a refusé par la suite de s'adresser aux médias. Mort à 42 ans, le policier laissait aussi deux jeunes enfants derrière lui.

Rappelons que le drame s'est joué en moins de 30 secondes, le matin du 2 mars 2007. Après avoir enfoncé la porte à coups de bélier vers 5h10, neuf policiers ont investi le domicile de Basil Parasiris en criant «police» et se sont dispersés dans la maison. Cinq d'entre eux, dont l'agent Tessier, sont montés rapidement à l'étage des chambres.

Réveillé par les cris de sa femme, Parasiris s'est emparé de l'une des trois armes chargées qu'il gardait dans sa penderie et a tiré quasiment à bout portant sur la silhouette qui se trouvait devant la porte de sa chambre. Atteint de trois balles, dont l'une lui a sectionné la carotide et la jugulaire, le policier s'est écroulé tandis que trois de ses collègues répliquaient par des tirs confus.

La femme de Parasiris a été atteinte à un bras tandis qu'un autre policier, Stéphane Forbes, a été touché par la quatrième balle tirée par Parasiris. Au terme du procès, le juge Guy Cournoyer a toutefois décidé qu'il n'y avait pas de preuve pour soutenir une accusation de tentative de meurtre à l'endroit de l'agent Forbes, et il a lui-même acquitté Parasiris de cette accusation sans la soumettre à l'évaluation du jury.

Perquisition illégale

Avant que ne débute le procès devant jury, Me Jacques Larochelle avait réussi à faire déclarer la perquisition illégale. Le juge Guy Cournoyer a en effet décidé que le mandat de perquisition comportait trois grandes failles: les soupçons selon lesquels Parasiris trafiquait des stupéfiants n'étaient pas étayés par une preuve suffisante pour justifier un mandat de perquisition, celle-ci n'était pas censée se faire la nuit et, enfin, la situation ne nécessitait nullement une entrée dynamique comme celle qui a été utilisée, avait-il conclu.

Le jury n'était toutefois pas informé de l'illégalité de la perquisition. D'ailleurs, il a été tenu dans l'ignorance totale des motifs de l'opération effectuée par les policiers de Laval. Copropriétaire du club de golf virtuel Golf-O-Max, à Dorval, Parasiris était fortement soupçonné d'être impliqué dans un réseau de trafic de stupéfiants qui opérait à Laval.

L'homme de 43 ans gardait quatre armes chargées chez lui. Trois d'entre elles avaient été acquises illégalement. En ce qui concerne l'autre, le Ruger de calibre .357 Magnum dont il s'est servi pour tuer l'agent Tessier et blesser l'agent Forbes, il détenait un permis valide, mais seulement pour son ancienne adresse. Cette arme n'aurait donc jamais dû se trouver au nouveau domicile de Parasiris, dans le croissant Rimouski.

Cruelle ironie du sort, c'est l'agent Tessier qui avait fait une vérification auprès du Centre de renseignements policiers du Québec avant l'opération, pour voir si Parasiris avait des armes. Malheureusement, il a vérifié seulement avec l'adresse au lieu de faire aussi une recherche avec le nom du suspect.

La possession illégale des armes et leur mauvais entreposage ont valu huit accusations à Parasiris. Son avocat a réussi un autre coup de maître en faisant scinder les accusations, de sorte que celles qui concernaient les armes n'ont pas été soumises au jury. Cela aurait pu contaminer l'esprit des jurés et les détourner de l'objectif principal, qui était de trancher sur le meurtre, avait acquiescé le juge Cournoyer. Me Larochelle s'était engagé à ce que son client plaide coupable à ces accusations, une fois que le procès de meurtre serait fini.

Des leçons à tirer

Cet acquittement, rarissime lorsqu'il s'agit du meurtre d'un policier en service, constitue une défaite pour la police de Laval. En plus d'avoir perdu un des siens, elle s'est fait sévèrement critiquer par la cour pour cette opération mal préparée.

Hier, le directeur de la police de Laval, Jean-Pierre Gariépy, a indiqué que cette affaire allait mener à une révision des pratiques policières qui pourrait dépasser, et de loin, son service.

M. Gariépy s'adressera au ministère de la Sécurité publique du Québec pour demander une révision du protocole et de la formation offerte aux futurs policiers en ce qui a trait à la méthode de l'«entrée dynamique» (par surprise) employée lors de la perquisition chez Basil Parasiris.

La police de Laval recommandera aussi à Québec d'établir un nouveau formulaire de mandat de perquisition, «mieux adapté et plus clair afin d'éviter toute confusion».

Le juge Cournoyer avait déclaré illégal le mandat de perquisition utilisé par les policiers pour entrer chez M. Parasiris.

«Un drame humain nécessite obligatoirement une révision de nos pratiques policières», a déclaré Jean-Pierre Gariépy hier en conférence de presse, ajoutant que ce processus avait été déclenché «dès le lendemain du décès de l'agent Tessier».

La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec a envoyé hier un signal similaire. «Le procès a soulevé beaucoup de questions. Il est trop tôt pour en tirer des leçons, mais il faudra amorcer la réflexion qui s'impose et récupérer, si possible, des éléments qui pourraient rendre le travail des policiers plus sécuritaire», a affirmé Denis Côté, président de la Fédération.

Reste que le verdict semble avoir sérieusement ébranlé les corps policiers. Jean-Pierre Gariépy s'est dit «choqué et déçu» de la sentence, des expressions qui ont aussi été employées par les représentants de la Fraternité des policiers du Québec et de Laval. «Nous espérons que la procureure de la Couronne trouvera des motifs pour interjeter appel», a d'ailleurs indiqué André Potvin, de la Fraternité des policiers de Laval. La Couronne dispose de 30 jours pour se prononcer.

Télécharger cet article au format PDF


Le Journal de Montréal, mardi 17 juin 2008

L'entêtement du chef de police de Laval à refuser d'admettre les erreurs de son service, et sa propre responsabilité, dans le mortel cafouillage de l'affaire Parasiris, a de quoi inquiéter ceux qui ont à coeur la santé démocratique de notre société.

Une démocratie en santé en est une où les citoyens ont confiance aux forces de l'ordre. Dans une démocratie malade, les honnêtes citoyens ont souvent des raisons d'avoir peur de la police.

On respecte la police quand on a confiance qu'elle est bien gérée, responsable, et tenue d'opérer dans le plus strict respect de la loi et des droits des citoyens - même quand cela complique son travail, et semble favoriser les présumés criminels.

Il y a lieu de s'inquiéter à chaque fois qu'une opération policière dérape, ou finit mal, car cela pose l'angoissante question de savoir qui policera la police, si elle ne le fait pas elle-même.

C'est exactement la question que pose le cafouillis qui s'est produit chez Basil Parasiris le 2 mars 2007. Et la réponse du chef de police de Laval, Jean-Pierre Gariepy, n'est pas celle qu'on veut entendre.

L'homme d'affaire soupçonné de traffic de cocaïne était accusé de meurtre au premier degré, après que le policier Daniel Tessier eût trouvé la mort lors d'une perquisition qui a mal tourné chez M.Parasiris. Le jury l'a innocenté vendredi. Il est maintenant un homme libre.

Les membres du jury étaient séquestrés, et furent tenus dans l'ignorance d'informations sensationnelles sur la menée de l'opération, qui furent révélées lors du procès. Le jury ignorait notamment que :

-le mandat de perquisition visant le domicile de Parasiris n'était pas légal et n'aurait pas dû être émis, selon le juge,

- les policiers n'avaient pas de raison valable de se présenter chez Parasiris en pleine nuit,

-il n'y avait pas de raison de procéder à une «entrée dynamique» c'est-à-dire de fracasser la porte pour envahir les lieux.

Même dans l'ignorance de ces informations troublantes, les membres du jury ont retenu la défense de Parasiris - dans ce moment de violence et de confusion, il a fait feu sur des intrus qui menaçaient sa famille, chez lui, en pleine nuit.

La victime de Parasiris, Daniel Tessier, est un policier mort en devoir; sa mémoire mérite d'être célébrée avec le respect dû à ceux qui se sont sacrifiés pour la collectivité.

On comprend la colère et la frustration de ses proches et collègues. De façon anonyme, un policier de Laval nous écrit : «dans quelle société vivons-nous si un homme peut en abattre un autre et s'en sortir sans accusation d'homicide, même involontaire ? Quel message envoyons-nous aux criminels(...) Comment accepter qu'on nous tue ?»

On comprend le chagrin des collègues du policier Daniel Tessier. Les policiers font un métier dangereux, qui les unit dans une confrérie très solidaire. On voit leur frustration aussi. S'ils avaient mis Parasiris sous enquête, c'est qu'ils avaient des raisons de le soupçonner.

Mais du chef de police, Jean-Pierre Gariépy, on aurait attendu qu'il fassee mieux que balayer la décision d'un tribunal du revers de la main - en disant au Journal que «Parasiris est la seule personne sur laquelle repose la faute de la mort de Daniel Tessier.»

L'erreur est humaine. La police aussi. Mais refuser d'admettre qu'une erreur a été commise n'est pas ce qu'on attend du responsable d'un groupe de gens armés.

L'attitude du chef Gariépy pose la question difficile : qui sera responsable des erreurs de la police, si son chef s'en lave les mains?

Télécharger cet article au format PDF


La Presse, vendredi 11 juillet 2008

Parasiris acquitté: la Couronne n'ira pas en appel

Christiane Desjardins
La Presse et La Presse Canadienne


Basil Parasiris et son épouse
Photo David Boily, La Presse

La Couronne a fait savoir qu'elle n'interjetterait pas appel du verdict d'acquittement prononcé à l'endroit de Basil Parasiris en lien avec la mort du policier Daniel Tessier.

Le directeur des poursuites criminelles et pénales du Québec, district de Longueuil, a rendu sa décision, vendredi matin, expliquant qu'il y avait peu de chances d'obtenir gain de cause en appel. Il avait jusqu'à lundi pour prendre une décision dans ce dossier.

Joint chez lui, Basil Parasiris venait tout juste d'apprendre la nouvelle. Il s'est refusé à tout commentaire, avant d'affirmer que que pour lui, cette décision mettait un point final au dossier.

La police de Laval a aussi refusé de se prononcer. Son porte-parole Franco di Genova a cependant affirmé que le corps policier maintenait les commentaires émis par son directeur le 13 juin dernier.

Parasiris, acquitté le 13 juin dernier, était accusé du meurtre de l'agent de police de Laval, Daniel Tessier, qu'il a abattu lors d'une perquisition musclée à son domicile de Brossard, le 2 mars 2007. Le juge Guy Cournoyer avait déclaré cette perquisition illégale.

Lors du procès, Basil Parasiris a plaidé la légitime défense, arguant ne jamais avoir su avant de prendre une arme et de tirer qu'il s'agissait de policiers qui cherchaient de la drogue chez lui. Il croyait plutôt être victime d'une invasion de domicile et le jury l'a cru.

Télécharger cet article au format PDF


Le Journal de Montréal, samedi 12 juillet 2008

Parasiris peut respirer

Pierre Richard
Le Journal de Montréal


Basil Parasiris: un autre soupir de soulagement.


Basil Parasiris, entouré de son épouse Penny et de son frère Nick, pendant le procès, au palais de justice de Longueuil.

La poursuite a décidé de ne pas en appeler de la décision d'un jury d'acquitter Basil Parasiris du meurtre du policier lavallois Daniel Tessier.

Dans un bref communiqué, le Directeur des poursuites pénales et criminelles faisait savoir, hier, que son Comité d'appel recommandait de ne pas contester le verdict d'acquittement.

«Pour un appel, il faut démontrer une erreur du juge et démontrer que le verdict aurait pu être autre si cette erreur n'avait pas été commise. Dans le dossier Parasiris, c'est un fardeau qu'on ne pouvait surmonter», disait hier Me Martine Bérubé, procureure aux poursuites pénales et criminelles.

Son avocat d'abord

Immédiatement joint à son domicile par téléphone, Basil Parasiris, 42 ans, se disait «heureux de cette décision», mais refusait de commenter davantage tant qu'il n'aurait «pas parlé à son avocat».

Un autre appel, logé quelques minutes plus tard au domicile de Parasiris, permettait d'apprendre de son épouse, Penny Gounis, qu'aucun commentaire ne serait fait par la famille.

Le 13 juin dernier, Basil Parasiris manifestait son soulagement en apprenant que les jurés venaient de l'acquitter.

Lors de son procès, il avait admis avoir ouvert le feu alors que la police de Laval procédait, chez lui, à une opération nocturne relative à une affaire de drogues, en mars 2007. Lors de la fusillade, Daniel Tessier, un policier de 42 ans père de deux enfants, trouvait la mort. Les policiers avaient choisi de faire une « entrée dynamique » chez Parasiris pour l'empêcher de détruire toute preuve.

Parasiris, lors de son témoignage, a expliqué qu'il se croyait victime, ainsi que sa famille, d'un braquage à domicile.

Quant au juge Guy Cournoyer, il a déclaré invalide le mandat de perquisition utilisé par la police et a ordonné que les jurés n'entendent pas la preuve sur les motifs invoqués par les policiers pour obtenir ce mandat.

Le jury l'a cru

Visiblement, le jury a fini par croire la thèse de la légitime défense soutenue par Parasiris et ses avocats.

En bout de ligne, il n'a jamais été accusé de trafic de drogues à la suite de l'enquête menée par les policiers de Laval.

Cependant, il doit revenir dans quelques semaines pour répondre à huit accusations de possession et de mauvais entreposage des armes retrouvées chez lui.

Télécharger cet article au format PDF


Le Journal de Montréal, samedi 12 juillet 2008

Un mauvais message à la société

Charles Poulin
Le Journal de Montréal

L'acquittement de Basil Parasiris, puis le refus de la Couronne d'aller en appel du verdict envoient un mauvais message à la société, estime l'ancien président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Prud'Homme.


YVES PRUD'HOMME

«Je trouve cette situation assez problématique, précise-t-il. Ce n'est pas une situation plaisante et ça envoie un message négatif à la population.»

M. Prud'Homme rappelle que c'est Basil Parasiris qui a fait feu sur le policier Daniel Tessier avec une arme à feu, l'atteignant mortellement.

«Il existera désormais des interrogations auxquelles nous n'aurons jamais de réponse, notamment le nombre d'armes à autorisation restreinte que possédait M. Parasiris, ce qui, à mon avis, était le noeud de la cause», soutient-il.

Laval ne commente pas

Du côté de la police de Laval, aucun commentaire n'a été émis hier. «Nous avons fait une sortie médiatique le 13 juin en réaction à l'acquittement de M. Parasiris, rappelle le lieutenant Daniel Guérin. Tout a été dit.»

Le directeur du service, Jean- Pierre Gariépy, avait alors lancé que «la seule personne sur laquelle repose la faute de la mort de Daniel Tessier, c'est Basil Parasiris», tout en avouant être «choqué» et «déçu» par le verdict d'acquittement.

Les associations de policiers municipaux et le syndicat des policiers de Laval, ont réservé leurs opinions pour plus tard, possiblement lundi.

Jacques Dupuis, le ministre de la Sécurité publique, qui avait pourtant fait savoir le mois dernier qu'il attendait la fin du délai d'appel avant de parler, s'est lui aussi refusé à tout commentaire.

Télécharger cet article au format PDF


Le Journal de Montréal, mardi 15 juillet 2008

Parasiris
La police résignée

David Santerre
Le Journal de Montréal


Basil Parasiris
Photo d'archives - Martin Bouffard

Déçus de voir la mort de leur confrère rester impunie, c'est avec résignation que les policiers de Laval et leurs collègues du reste de la province acceptent que la Couronne ait décidé de ne pas porter en appel l'acquittement de Basil Parasiris, celui qui a tué l'agent Daniel Tessier.

Après consultation de nombreux procureurs du directeur des poursuites criminelles et pénales, la Couronne annonçait vendredi qu'elle jetait l'éponge dans le dossier Parasiris, malgré sa déception de le voir libre comme l'air aujourd'hui.

Parasiris a abattu l'agent Daniel Tessier lorsque ce dernier et ses confrères de la police de Laval y menaient une brusque et illégale perquisition.

Cas unique

«Une équipe de 11 procureurs est arrivée à la conclusion de ne pas porter le verdict en appel. Nous respectons leur décision, ainsi que tout le système de justice dont les policiers font partie. Cependant, nous désirons souligner à la population que l'affaire Parasiris constitue un cas unique et particulier. Le message ne doit pas être retenu à l'effet qu'il soit tout à fait légitime pour un citoyen d'utiliser une arme à feu lors d'une intervention policière», a commenté Denis Côté, président de la Fédération des policiers municipaux du Québec dans un communiqué de presse émis hier.

«De plus, nous déplorons qu'aucune responsabilité criminelle ne soit imputée à la suite du décès de l'agent Daniel Tessier», ajoute-t-il.

Télécharger cet article au format PDF


VIDÉOS

Regarder l'entrevue avec Jean-Pierre Rancourt à l'émission l'Avocat du Diable du 2 juin 2008 à TQS
Me Jean-Pierre Rancourt, criminaliste, donne son opinion sur les démarches utilisées dans le procès de Basil Parasiris.

Regarder le témoignage de Basil Parasiris aux nouvelles du 3 juin 2008 à TQS
Basil Parasiris invoque la légitime défense pour justifier le meurtre du policier Daniel Tessier.

Regarder le reportage Basil Parasiris acquitté aux nouvelles du 14 juin 2008 à TQS
Suite à l'annonce du verdict de légitime défense, c'est la déception totale chez les policiers de Laval dont leur collègue s'est fait tué sauvagement par Basil Parasiris.


Haut de la page

Site en conformité avec le jugement 2002 CSC 14.27704
de la Cour Suprême du Canada en date du 21 février 2002

La Révolte des Victimes: connaître et faire respecter ses droits

Copyright © Jean Jolicoeur. Tous droits réservés.

Panneau d'administration